Ostéopathie, quand la désinformation persiste… Le débat mérite mieux

Un nouvel article publié dans L’Express, intitulé “Ostéopathie, la fin du remboursement ? Ce que dit la science sur son efficacité”, vient relancer, en ce début d’année 2026, un discours récurrent à l’encontre de l’ostéopathie.

Derrière un titre qui annonce un débat scientifique, le contenu de l’article interroge pourtant. Aucune analyse argumentée sur une supposée inefficacité de l’ostéopathie n’y est réellement développée. L’auteur s’appuie principalement sur des éléments déjà anciens, en particulier autour de l’hypothèse d’une suppression du remboursement des soins d’ostéopathie par les complémentaires santé.

Or, ce point a déjà été clarifié.

A la fin 2025, la Ministre des solidarités et de la santé, Stéphanie Rist, indiquait que le remboursement de l’ostéopathie par les mutuelles ne relevait pas du champ de compétence de son ministère.

Depuis, l’assemblée nationale a définitivement adopté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), sans modification des contrats dits solidaires et responsables des complémentaires santé.

Autrement dit, aucune suppression du remboursement des actes d’ostéopathie n’a été actée.

Dès lors, pourquoi réactiver aujourd’hui un débat déjà tranché sur le plan réglementaire ?

Efficacité de l’ostéopathie, une question mal posée

L’article signé Victor Garcia interroge “l’efficacité de l’ostéopathie” et plus largement les preuves scientifiques qui la soutiendraient. Une formulation qui pose problème dès le départ.

Peut-on raisonnablement interroger l’efficacité d’une pratique dans son ensemble, sans autres précisions ?

En médecine, une telle généralisation n’aurait aucun sens !

Les vaccins sont efficaces dans des situations précises, tout comme les antibiotiques dans un contexte infectieux donné. Pour autant, personne ne conclurait à “l’efficacité” ou à “l’inefficacité” globale de la médecine sur cette seule base.

Il en va de même pour l’ostéopathie.

Des outils partagés, des jugements différenciés

Lorsque l’on recentre le débat sur ce qui peut réellement être évalué (les outils thérapeutiques), la littérature scientifique concernant la thérapie manuelle et la manipulation est aujourd’hui abondante. Ces outils sont d’ailleurs utilisés, dans certains contextes, par différents professionnels de santé, sans que leur légitimité ne soit remise en cause.

La question qui se pose alors est pourquoi ces mêmes outils deviennent-ils problématiques lorsqu’ils sont mobilisés par des ostéopathes, dans leur champ de compétences réglementaire, celui de la prise en charge des troubles fonctionnels ?

Cette différence de traitement interroge.

Par ailleurs, de nombreuses publications montrent que les effets de la thérapie manuelle sont renforcés par la prise en compte des effets contextuels : relation praticien-patient, temps d’écoute, approche centrée sur la personne…

La liberté d’honoraires des ostéopathes permet précisément cette prise en charge centrée sur l’individu, et non sur la seule expression de ses symptômes.

Santé ne signifie pas exclusivement médical

L’article remet également en question le “bénéfice médical” de l’ostéopathie. Une formulation qui mérite d’être précisée.

L’ostéopathie n’est pas une profession médicale. Par conséquent, parler de “bénéfice médical” pour qualifier son apport n’est pas pertinent. Pour autant, agir sur la santé ne se limite pas au champ médical stricto sensu.

Comme le rappelle l’Organisation Mondiale de la Santé, la santé est définie comme “un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité”.

Cette définition reconnaît pleinement la possibilité d’améliorer la santé des personnes en dehors d’un cadre exclusivement médical.

Derrière le débat, une question de partage des compétences ?

La réactivation régulière de ce type de discours pose, en filigrane, une question plus large. Certaines professions seraient-elles attachées à la conservation exclusive de compétences pourtant partagées avec les ostéopathes, comme le prévoient les textes réglementaires en vigueur ?

Plutôt que d’entretenir des débats anxiogènes et approximatifs, il serait sans doute plus constructif d’ouvrir un dialogue fondé sur les faits, les usages réels et les besoins exprimés par les patients.

L’équipe Ostéopathes de France

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